Les paysages s’offrent en toute liberté et restent mon domaine de prédilection. Furtif ou contemplatif, le regard se pose, se nourrit. Voir loin, voir grand, infime, lumineux, coloré ou sombre, c’est cette diversité que le paysage offre et pas seulement le « beau paysage »… Il est des banlieues délaissées où soudainement cohabitent des couleurs et des volumes qui s’assemblent merveilleusement, des campagnes dans lesquelles la route bordée d’un fossé sombre est plus remarquable à mes yeux que tous les couchers de soleil du monde. Et aussi, les couchers de soleil du monde qui peuvent devenir le cœur d’une inoubliable émotion…
Pour les plus grands formats, le travail est lent, très lent. Séchage, grattages, reprises et repentirs s’étalent parfois sur des mois. J’ai un attachement particulier aux couleurs qui ont vécu, roulé leur bosse, et sont parvenues à l’usure qui leur confère un intérêt.
Les petits formats sont plus impulsifs et composent avec des gestes plus rapides.
Je persiste obstinément à chercher le moment où mon travail d’artiste m’entraine au delà des horizons figurés et des sols qui portent nos pas. Je ne saurais rien dire de plus, justement, que le bonheur de chercher, celui parfois de trouver en prenant le risque. Et puis, jour après jour, les fragilités, les découvertes qui sous-tendent l’envie de peindre et de travailler encore.
 Par un processus long, la peinture prend forme, elle finit par ne retenir de la réalité qu’une ombre, une lumière, une famille de couleurs.

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Date de dernière mise à jour : 13/05/2015